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"La
musique de Rachmaninov a été mal jouée, pendant assez
longtemps, de façon racoleuse et exhibitionniste du
point de vue du sentiment. Beaucoup l'ont utilisée comme
un moyen pour exposer leur virtuosité pianistique."
Nous ne pouvons
malheureusement pas diffuser de larges extraits musicaux.
A défaut, vous pouvez cependant vous faire quelques
idées en allant sur le net. Dabord sur des sites
de diffusion de vidéo, You Tube et Daily
Motion par exemple, où vous pourrez admirer, par
exemple, Horowitz jouant le « Rach 3 » ou Kissin
exécuter un prélude célèbre. La première des
règles : éviter les exécutions trop sentimentales et
excessives qui entachent sa musique. On rappelle ici
linjonction de György Sandor :
Un précieux
antidote : Rachmaninov par Rachmaninov, en 10 Cds chez
RCA. Impassible, souverain, ardent, le compositeur (ce
"fauve très suave", comme le décrit Nicholas
Angelich) nous donne accès à lintimité de ses
uvres, et ce malgré la qualité du son, les
différents enregistrements séchelonnant entre les
années 1920 et 1940. On découvre alors sa musique
beaucoup plus secrète, pudique et profonde, la charge
sentimentale et les épanchements lyriques désamorcés,
ou, plutôt, transfigurés (il faut écouter, par exemple,
le Prélude en ut dièse mineur sous ses mains,
concis et fatal, bien moins lyrique quà
laccoutumée, ainsi que le Second Concerto,
où, dès l'introduction, les cloches sabattent
sans autre forme de procès et de discours, sans aucune
jubilation).
En ce qui concerne
les uvres pour piano et orchestre, on peut préférer les versions
isolées, en grand nombre, aux intégrales (si beaucoup
sont d'excellentes qualités, deux méritent une
attention particulière, celle dHoward Shelley et
Bryden Thomson, pour Chandos, et celle dOrozco et
de Waart pour Philips).
Pour le Troisième Concerto, de préférence joué avec la cadence Ossia (on consultera le site "Rach3" pour connaître les pianistes qui jouent cette cadence, ainsi que notre article sur le Troisième Concerto pour en savoir plus), le choix ne manque pas : Kissin (RCA), lumineux et royal, Berezovsky (Mirare, avec Dimitri Liss), trépidant et puissant (qui exécute dailleurs une cadence Ossia dune rare force), Ashkenazy (en particulier accompagné par André Previn chez Decca, poétique et profond, à comparer avec son enregistrement avec Bernard Haitink, plus véloce et, d'une certaine manière, plus fougueux), Argerich pour Philips (bien quun peu trop rapide), Byron Janis chez Mercury (pour la noblesse et la virtuosité de son jeu, fidèle à celui de Rachmaninov) et bien sûr Horowitz lui-même, mais en évitant peut-être lenregistrement dirigé par Ormandy (RCA). Enfin, si Tamas Vasary donne du Second Concerto une lecture correcte bien qu'un peu lente, on pourra apprécier son exécution du "Rach3" pour la mélodie et le chant de son toucher, chez DG (avec en prime, une puissante cadence Ossia).
Pour le Quatrième Concerto, toujours Ashkenazy (Decca, qui rend l'oeuvre en quelque sorte plus gaie et enjouée, dans le sillage sans doute de lenregistrement de Rachmaninov lui-même, plus lumineux quon ne laurait envisagé a priori) et celui qui la en partie ressorti de loubli, le grand pianiste italien Michelangeli accompagné dEttore Gracis (EMI) pour son jeu technique et brillant mais aussi émotionnel, nostalgique, rachmaninovien en somme Ceux qui apprécient le charme mélancolique de ce concerto pourrons l'écouter dans sa version originale, sans les coupures, par le tandem William Black et Igor Bugetoff chez Chandos.
Pour les symphonies,
nous avons le choix entre les intégrales dAndré
Prévin, dAshkenazy, de Mariss Jansons, de Lorin
Maazel et dEvgeny Svetlanov, toutes les cinq
plutôt excellentes dailleurs. On visitera
toutefois les enregistrements de Svetlanov (Warner
classics), ainsi que ceux de Valeri Polyansky ((Brilliant
Classics) pour découvrir les uvres symphoniques de
jeunesse : Le Rocher, Prince Rostislav,
le Scherzo, la Symphonie « jeunesse »
ou encore le Caprice bohémien.
Pour les Cloches, on écoutera à nouveau la version dAshkenazy et celle, historique, de Kiril Kondrachine (Melodya). On appréciera également le récent enregistrement de Valeri Polyansky, pour la puissance et la clarté des churs.
Le thème de la mort habite la Seconde Sonate, selon Hélène Grimaud (DG) qui la grave d'ailleurs au coté de la Seconde Sonate de Chopin et sa célèbre marche funèbre. On pourra également écouter les deux sonates chez (DG) par un interprète d'excellence de Rachmaninov : Alexis Weissenberg, sans oublier de visiter l'énergie et parfois la violence d'un Horowitz en live sur la Seconde Sonate.
Yo-Yo Ma et Emanuel Ax (Sony Classics) donne de la Sonate pour violoncelle une interprétation délicate, suave, dune grande pudeur. On préférera la luminosité de leur jeu, très poétique, à celui, plus échevelé, dAlexander Kniazev et Nikolai Lugansky (Warner Classics).
Enfin, nous
conseillons pour les Opéras
lenregistrement intégral donné par Neeme Järvi
pour DG (on pourra également consulter chez Opus Arte le
Chevalier ladre en DVD au célèbre Festival de
Glyndebourne) ; les Danses symphoniques
retrouvent leur vivacité dans lexécution
quen donne, à nouveau, Ashkenazy, dont on n'oubliera
pas de consulter la version des Variations
Corelli, poétiques et tendres, et
de la Rhapsodie sur un thème de Paganini.
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